9-11 Sep 2015 Paris (France)

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(désistement en août) Qu'est-ce qui fait l'Asie du sud-est ? A la recherche des convergences / What makes Southeast Asia? In search of convergence
François Raillon  1@  
1 : Centre Asie du Sud-Est  (CASE)  -  Website
CNRS : UMR8170, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS)
54 Bvd Raspail 75006 PARIS -  France

L'Asie du Sud-Est est improbable. Sa présence fortuite, sa définition subsidiaire, son identité disparate, posent question. Et pourtant elle existe.

Cette intervention vise, au-delà de l'habituelle insistance sur la diversité et la prétendue incohérence de la région, à mettre en valeur des éléments structurels forts qui, par-delà le hasard, produisent une nécessité.

Tout d'abord, on soulignera l'impact des facteurs extérieurs qui délimitent l'Asie du Sud-Est : la globalisation qui crée des régions, et dans laquelle l'ASE baigne avec un bonheur relatif ; la colonisation qui a légué des Etats-nations séparés mais partageant un même modèle occidental ; la prééminence de l'Inde et de la Chine qui surplombent la région et l'ont investie culturellement ; les religions orientales et occidentales qui ont formaté et unifié le local.

Mais le regard extérieur porté sur l'Asie du Sud-Est est lui-même le reflet des choses vues. Au-delà des simples juxtapositions culturelles, on distingue des dynamiques locales et autonomes animées par des convergences et d'étranges parallèles. Au-delà de la simple contiguïté géographique, on relève l'intensité des voisinages marquée par le mimétisme ou la dialectique, par les alliances et la concurrence. Issus des luttes pour l'indépendance, petits et grands Etats-nations sont impliqués dans une géopolitique et des synchronies qui les associent dans un tissu régional assez résilient.

Ces phénomènes structurants deviennent des déterminismes qui stimulent les volontés locales. Nul ne se déclare sud-est asiatique, mais les élites travaillent à créer un objet méta-national, l'ASEAN, pour faire face au monde extérieur.

Une identité imaginée se construit sur la reconnaissance de traits culturels présumés communs : la ruralité, les autoritarismes auréolaires, le familialisme. Mais aussi la modernité, appropriée par les classes moyennes issues du développement économique, et qui lancent des défis démocratiques.

Il n'est pas jusqu'à la dispersion linguistique qui ne soit transcendée par l'usage d'une lingua franca, l'anglais, qui imprègne les langues locales et fonctionne aussi et partout comme marqueur de distinction sociale.

Enfin, un lien ancien mais permanent est réactualisé : la mer comme identité, ressource, et modèle thalassocratique : quid de la nouvelle fortune du concept de « maritimisation » ?

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As a qualifier for a region, “Southeast Asia” sounds unlikely. Beyond sheer geography, its incidental emergence and development, its very identity are questioned. Still, it does exist.

Beyond the usual emphasis on the region's diversity and presumed lack of coherence, this paper means to stress structural elements that give a necessary substance to its existence, beside its fortuitous situation.

The impact of external factors upon Southeast Asia may not be overlooked: globalization, which generates world regions, is fairly accommodated by Southeast Asia; colonization, which resulted in nation-states, independent but sharing the same inherited western model; the historical hegemony of India and China over the region; the influence of eastern and western religions that commonly formatted locality in Southeast Asia.

However, the outside view of Southeast Asia is also a reflection of things observed. Beyond the plain juxtaposition of varied cultures, one comes across local and autonomous dynamics shaped by convergences, communalities, strange parallels and outright encounters. Beyond simple geographical proximity, intense vicinity translates into imitation and dialectics, partnerships and competition. Resulting from independence struggles, small and large nation-states are all involved in the same geopolitics and synchronous developments where they interact together in an emerging regional fabric.

These structuring patterns evolve into determinants that bolster local will. While no one declares him or herself to be Southeast Asian, elites work on building a shared meta-national construct, namely ASEAN, meant to face the outside world.

An imagined identity is being derived from presumed, common cultural features: rurality, centralizing authoritarianism, familyhood. Another binding ideology is modernity, which is both endorsed and promoted by new middle class groups enthused by democratic ideals.

Language diversity itself is outdone by the general use of English as a lingua franca, which blends with local vernaculars, while working as a social marker.

Last but not least, an old but continuing linkage is given a new relevance: the maritime world as a source of identity, an economic resource and a thalassocratic model: what about the renewed significance of the “maritimization” concept?



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