9-11 Sep 2015 Paris (France)
Le droit coréen à l'époque du Chosŏn (1392-1910) : une réévaluation des influences doctrinales chinoises / Korean Law in Chosŏn Times (1392-1910): Reassessing Chinese Doctrinal Influences
Pierre-Emmanuel Roux  1@  
1 : Centre d'études sur la Chine moderne et contemporaine  (CECMC-CCJ)  -  Website
CNRS : UMR8173, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS)
54, Boulevard Raspail - 75006 PARIS -  France

Nul ne saurait nier que la Corée a connu tout au long de son histoire une influence considérable du droit chinois. Les dynasties Koryŏ (918-1392) et Chosŏn adoptèrent successivement les codes pénaux chinois et s'évertuèrent à reproduire le modèle chinois d'administration de la justice. Faut-il pour autant accréditer l'idée d'une société réceptrice totalement submergée par le droit transféré ? L'évolution du cadre juridique à l'époque du Chosŏn démontre au contraire une volonté de réinterprétation des sources doctrinales chinoises à la lumière de la tradition juridique locale en vue de créer un système hybride : un droit confucéen coréen. Elle témoigne aussi, on l'oublie souvent, d'une curiosité grandissante des élites à l'égard des droits dits « barbares », à savoir ceux des États mandchous (Qing) et japonais (Tokugawa). Tous ces éléments invitent finalement à réévaluer le poids des sources doctrinales et légales du droit chinois en Corée, et à nuancer l'idée encore souvent admise d'une rupture brutale entre le droit « traditionnel » du Chosŏn et un droit « moderne » imposé par l'empire colonial japonais au début du XXe siècle.

The overwhelming importance of Chinese law in Korean history is unquestionable. The Koryŏ (918-1392) and Chosŏn dynasties both adopted Chinese penal codes and reproduced the Chinese way of administering justice. Should we, however, accept the idea of a receiving society completely overwhelmed by this legal transfer? The evolution of the Chosŏn legal system rather shows that Chinese doctrinal sources were profoundly reinterpreted within the local legal tradition in order to create a hybrid system: a Korean Confucian law. It also reveals a growing interest of Chosŏn elites for the “barbarian” laws of the Manchu (Qing) and Japanese (Tokugawa) states. These elements invite to reassess the significance of doctrinal and legal sources of Chinese law in Korea and to provide a nuanced view of the so-called sudden break between Chosŏn “traditional” law and “modern” law imposed in the early twentieth century by the Japanese colonial state.


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