9-11 Sep 2015 Paris (France)
Ordos : le modèle chinois en Mongolie / Ordos, the “Chinese urban model” in Inner Mongolia
Jean-Paul Loubes  1@  
1 : École des hautes études en sciences sociales  (EHESS)  -  Website
Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), École des Hautes Études en Sciences Sociales [EHESS]
54, boulevard Raspail 75006 Paris -  France

Décidée par Pékin en 2006, une ville nouvelle d'un million d'habitants a surgi dans la boucle du Fleuve jaune. Devant ce phénomène et plus généralement devant le développement de zones urbaines en Chine, peut-on encore parler de ville ? Le mot ville est-il approprié pour nommer cet artefact qui surgit au XXIe siècle, ou assiste-t-on à l'émergence d'un nouveau type d'établissement humain ? Les « catégories » que l'urbaniste a forgé au cours de l'histoire pour saisir et décrire la ville sont-elles appropriées pour aborder des phénomènes que l'on observe au XXIè siècle, notamment en Chine ?

Plusieurs caractères semblent ouvrir en Chine un pan nouveau de l'histoire urbaine :

- l'échelle des villes ne résulte pas d'un processus de croissance continue, mais d'un nouveau type d'organisation de l'espace et du territoire en un temps très court.

- des villes anhistoriques : elles émergent par décision des états modernes sans que l'on puisse ancrer la logique d'implantation dans la longue durée de l'histoire locale (ici, Histoire des Mongols et de la Mongolie). Le patrimoine, valeur propagée universellement par l'UNESCO va devoir ici être fabriqué.

- l'organisation spatiale est en rupture avec les structures et habitus qui jusqu'ici organisaient la ville (la pratique d'Ordos ne peut se concevoir sans l'automobile, et exclue tout parcours piétonnier).

- liaison avec les territoire : la relation de la ville avec l'espace national, régional ou mondial est essentiellement tributaire du transport aérien.

- les stratégies d'images, orchestrées par les communicants (designers et architectes) sont essentielle pour installer leur existence et la propager. Si la ville historique recours volontiers à ces stratégies (Barcelone, Berlin, Londres, Marseille, etc...) les villes anhistorique ne peuvent s'appuyer sur aucun passé. 

 

Decided by Beijing in 2006, a city of one million inhabitants arose in the loop of the Yellow River. Faced with this phenomenon and more generally with the development of urban areas in China, can we still talk of a city ? Is the term city still appropriate to name this artifact that arises in the 21st century or are we witnessing the emergence of a new type of human settlement ? Are the "categories" that the planner forged throughout history, to grasp and describe the city, appropriate to tackle the phenomena that we observe in the 21st century, particularly in China?

Several characteristics in China seem to open a new part of urban history :

- The scale of the cities is not the result of a continuous process of growth, but a new type of spatial and territorial organization in a very short time.

- Ahistorical cities (without historical past: they emerge by the decision of modern states and are not a product of a long local history (in this case the History of the Mongols and Mongolia). The cultural heritage value, universally propagated by the UNESCO, will have to be created here.

- The spatial organization represents a complete break with the structures and habits organizing until now the city (Ordos is exclusively a car-based city, and excludes any footpath).

- The link with the territory: the relationship of the city with the national, regional or global space depends essentially on air transport.

- Image branding strategies, orchestrated by communicators (designers and architects) are essential to consolidate their existence and diffuse it. Historic cities willingly use these strategies (Barcelona, Berlin, London, Marseille, etc ...), but ahistorical cities cannot rely on any past.


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