9-11 Sep 2015 Paris (France)
Disjunctive Harmony: Life and Work of Foreign Spouses Engaging in Sex Work in Taiwan
Hsun-Hui Tseng  1@  
1 : Institute of Sociology, Academic Sinica, Taiwan

With an influx of marriage migrants, particularly from Vietnam and China, to Taiwan, there have been a considerable number of entertainment places featuring foreign women's service as hostesses in tea shops and snack shops, places that are assumed to be patronized by lowerclass Taiwanese and foreign workers. To counter the widespread discourse that foreign spouses involved in the sex industry are either agents of Jiajiehun zhenmaiyin (fake marriage/real prostitution) or victims of human trafficking, this paper takes a Vietnamese snack shop with hostess service as a field site to explore this socially specific phenomenon in Taiwan. I use the concept of “disjunctive harmony” to describe the life of this marginalized group of marriage migrant women working in this snack shop. It is harmonious because they have gained skills in negotiating contradictions between family and work and among their different identities as a wife, daughter, and/or mother. Yet, it is disjunctive because the harmony is a social space and context-based performance, and ruptures are easily generated in their move from one space and context to another. This contribution will look into their daily life in the small snack shop to see how the socially hidden space can be reproduced as a “counter social space,” a contradictory space that is full of exploitation, doubts and competition but still functions like an “alternative family” to these socially marginalized foreign spouses. The paper will also challenge the binaries of victim/perpetrator, liberation/exploitation, and subjugation/resistance in the global affective economy.

 

Avec l'arrivée à Taiwan de nombreuses migrantes dans le cadre du mariage, en particulier originaires du Vietnam et de Chine, le nombre de lieux de loisirs proposant les services d'hôtesses étrangères ont augmenté. Il s'agit de salons de thé ou de petits restaurants fréquentés par des Taiwanais des classes populaires ou des travailleurs étrangers. Afin de contrer les discours très répandus sur la prostitution des femmes étrangères qui soit dénoncent les mariages blancs de ces fausses épouses, soit les considèrent comme les victimes de la traite des êtres humains, ma présentation prend pour terrain d'observation un petit restaurant vietnamien proposant un service d'hôtesses afin d'explorer ce phénomène social à Taiwan. J'utilise le concept « d'harmonie disjonctive » pour décrire la vie de ce groupe marginalisé de migrantes venues dans le cadre du mariage et qui travaillent dans ce restaurant. L'harmonie évoque les compétences acquises en négociant les contradictions entre famille et travail et entre leurs différentes identités d'épouse, de fille, et/ou de mère. Cette harmonie est cependant disjonctive car son effectivité repose sur un espace social et un contexte particulier or les ruptures sont fréquentes étant donné les passages d'un lieu ou d'un contexte à un autre. Ce papier examine la vie quotidienne de ces femmes vietnamiennes dans ce petit restaurant afin de voir comment cet espace social fermé peut se transformer en un « contre espace social », un espace contradictoire à la fois lieu d'exploitation, de doutes et de compétition et lieu d'une « famille alternative » pour ces épouses étrangères socialement marginalisées. Ma contribution interroge les concepts binaires de victime/coupable, libération/exploitation, subjugation/résistance dans une économie globalisée de l'affectivité.


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