9-11 Sep 2015 Paris (France)
La posture de « désengagement stratégique» : une forme de participation chez les artistes japonais contestataires / The posture of "strategic non-commitment" – a form of participation practiced by Japanese "anti-authority” musicians.
Chiharu Chujo  1@  
1 : Institut d'Etudes Transtextuelles et Transculturelles  (IETT)  -  Website
Université Jean Moulin - Lyon III : EA4186
7 rue Chevreul 69007 LYON -  France

Les musiciens contestataires suscitent toujours un malaise social au Japon. Qu'ils soient réputés ou non, ou que ce soit par leur argumentation, leur comportement clairement politique est objet de polémiques. Derrière cet environnement, s'exerce la pression des maisons de disque japonaises, qui souhaitent souvent prendre de la distance avec la politique. Parallèlement, il y a une proportion considérable du jeune public qui n'apprécie guère l'expression politique des artistes. Du côté des artistes, on observe cependant des artistes engagés qui ne cèdent pas à un tel environnement. Après le 11 mars 2011, de nombreux artistes ont notamment commencé à s'exprimer vis-à-vis des problèmes nucléaires. Par ailleurs, il est à noter que certains parmi eux évitent parfois volontairement une expression nettement contestataire, de peur que leurs œuvres fassent objet de critiques voire de censure, même s'il n'y a aucune loi japonaise censurant des expressions politiques ; ou pour une raison « artistique » : d'après eux, un artiste ne doit pas mélanger l'aspect politique et celui esthétique. En effet, des circonstances contraignantes autour de la liberté d'expression de la société japonaise amènent certains musiciens à une posture singulière que nous appelons posture désengagée « stratégique ». L'idée de cette communication est ainsi d'aborder cette posture de désengagement stratégique chez les artistes engagés, par le biais de la question de la (non)participation à la vie politique de la jeune génération dans le Japon contemporain. 

 

“Anti-authority” musicians always create social malaise in Japan. Whether the musicians are popular or not, and whatever their arguments may be, any openly political behavior on their part is likely to come in for harsh criticism. An underlying factor is the pressure exerted by Japanese recording companies, who usually endeavor to stand aside from politics. In addition, many of the young people who listen to the musicians are disinterested in politically-oriented content. However, the artists who are politically committed make no concessions to this environment. One example of this radical approach is the way many musicians began to comment on nuclear issues in the aftermath of March 11, 2011. Furthermore, it should be noted outspoken protests are sometimes avoided for fear of incurring hostile criticism or even censorship, despite the fact that there are no legislation curtailing political freedom of speech in Japan. There are also "artistic" reasons for this, because it is felt that the artist should not mix politics and esthetics. It would seem that the constraints on freedom of expression that exist in Japanese society lead certain musicians to adopt a stance which we propose to define as "strategic non-commitment”. The idea of this communication is therefore to approach the posture of strategic non-commitment adopted by politically committed musicians, by studying the question of (non-) participation in the political life of the younger generation in contemporary Japan. 



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