9-11 Sep 2015 Paris (France)
Toucher et être touché par ses bêtes : quelques réflexions sur le contact physique entre les éleveurs mongols et leurs animaux/Touching and being touched by animals : some thoughts on physical contacts between Mongolian herders and their animals
Charlotte Marchina  2, 1@  
2 : Laboratoire d'anthropologie sociale  (LAS)  -  Website
Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), CNRS : UMR7130, Collège de France
bât. A, 52, rue du cardinal Lemoine 75005 Paris -  France
1 : ASIES  (ASIES EA 4512)  -  Website
INALCO
2 rue de Lille - 75007 - PARIS -  France

La cohabitation et la coopération homme-animal au quotidien dans les steppes mongoles nécessitent la mise en place de moyens de communication interspécifique. D'une manière générale les modes de communication sont multisensoriels et exploitent abondamment et simultanément les capacités qu'offrent la vue, l'ouïe et le toucher. Néanmoins, certains lieux et situations accordent une prépondérance de certains sens sur d'autres. Ainsi, dans la steppe, l'absence d'enclos conduit les éleveurs à agir sur les déplacements des troupeaux par la voix. Le campement est, à la différence, le lieu par excellence où se déploient les contacts physiques. Les animaux y sont manipulés individuellement dans diverses situations : mise bas, traite, débourrage, soins vétérinaires, etc. Utilisé pour neutraliser, réprimander, mais aussi rassurer ou exprimer une familiarité, le toucher apparaît comme le sens prédominant à la fois dans les relations d'hostilité d'une part, et d'intimité d'autre part. L'objectif de cette communication est de proposer une ethnographie et une analyse des situations dans lesquelles humains et animaux entrent en contact physique, qu'il soit instigué par l'humain ou par l'animal. Nous verrons selon quelles modalités l'utilisation du toucher participe de la construction de la relation entre l'humain et l'animal, pris dans leur individualité.

Daily human-animal coexistence and cooperation on the Mongolian steppe require implementing inters-sepcies means of communication. Generally speaking, means of communication are multi-sensory and make abundant and simultaneous use of the capabilities provided by the sight, the hearing and the touch. Nevertheless, some places and situations imply a prominence of some senses over others. For instance, the absence of fences on the steppe leads the herders to act on the herds' movements through their voice. In contrast, the encampment is the place where most of the physical contacts occur. Animals are handled individually in a variety of situations : birth giving, milking, breaking, healing, etc. Touch is used to neutralise, reprimand, but also to ease or express familiarity, and emerges as the prominent sense in relations of hostility on one hand, and of intimacy on the other hand. The aim of this paper is to provide an ethnography and analysis of the situations where humans and animals get in physical contact, whether instigated by the human or the animal. It will be shown how touching contributes to building the relationship between human and animal, both taken in their individuality.


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