9-11 Sep 2015 Paris (France)
Une domestique peut-elle avoir une vie privée et une sexualité? Le cas des employées de maison étrangères à Hong Kong / Can a maid have a private life and some sexuality ? The case of Female Domestic Workers in Hong Kong
Laurence Husson  1@  
1 : IrAsia, AMU/CNRS
Aix Marseille Université

Une communauté de près de 300 000 employées de maison catholiques et musulmanes, issues des barrios philippins et des kampung indonésiens, travaillent et logent dans des familles chinoises et d'expatriés à Hong Kong. La sexualité réelle ou présumée de ces jeunes femmes est un objet de peurs diverses et variées. La toute première est la crainte qu'elle ne prenne la place de la maîtresse de maison dans le cœur du mari ou des enfants ou la peur qu'elle ait de mauvaises fréquentations, qu'elle tombe enceinte, attrape ou transmette des maladies, se prostitue, corrompe les enfants par ses mœurs légères et immorales. La sexualité de ces femmes est totalement niée, redoutée et perçue très négativement, or elle existe. Cette communication envisagera les différentes façons qu'ont ces femmes de contourner les interdits pour trouver amour et réconfort, notamment dans des relations homosexuelles mais pas seulement, de plus en plus ouvertement affichées, voire revendiquées malgré l'opprobe générale, comme une affirmation de soi et des droits de la personne.

 

A community of almost 300,000 women, both Christian and Moslem, originating from the Philipine barrios and Indonesian kampungs, are employed as live-in domestic servants with Chinese and expatriate families in Hong Kong. The sexuality, real or presumed, of these young women is the subject of various fears. The first of which is that they might replace the mistress of the house in the affections of the husband or the children, or that they might keep bad company, become pregnant, catch or transmit diseases, turn to prostitution and corrupt the minds of the children with their easy virtue and immoral lifestyle. The sexuality of these young women is ignored, feared or disapproved of. Yet it exists and this paper will consider the various ways open to these women seeking love and comfort despite social disapproval, notably, but not exclusively, in homosexual relationships, increasingly open and freely admitted, despite general opprobium, as a statement of self-affirmation and personal freedom.


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