9-11 Sep 2015 Paris (France)
Quelques observations sur la structure et les pratiques narratives du Gaoseng zhuan/Some observations on the structure and certain narrative mechanisms in the Gaoseng zhuan
Sylvie Hureau  1, 2@  
1 : Ecole pratique des hautes études  (EPHE)  -  Website
EPHE
4-14 rue Ferrus 75014 Paris -  France
2 : Centre de recherche sur les civilisations de l'Asie Orientale  (CRCAO)  -  Website
Collège de France, CNRS : UMR8155, Université Paris VII - Paris Diderot, École Pratique des Hautes Études [EPHE]
Centre de recherche sur les civilisations de l'Asie orientale - UMR8155 Collège de France 52, rue du Cardinal Lemoine 75005 Paris -  France

Le Gaoseng zhuan 高僧傳 (Biographies des moines éminents), publié dans la première moitié du VIe siècle, est le plus ancien et plus vaste recueil historiographique existant sur le bouddhisme en Chine. Il rapporte plusieurs centaines de récits sur des moines chinois et étrangers qui vécurent entre les IIe et VIe siècles, répartis en dix catégories, relatant dans un ordre chronologique les hauts faits de leur carrière religieuse, de façon itérative. Ce style a inauguré un genre de récits qui a fait école en Asie orientale. S'il ne fait nul doute qu'une image stéréotypée du moine idéal prédomine dans ces récits hagiographiques, une lecture exhaustive de l'ouvrage montre des particularités sous-jacentes propres à certaines des dix catégories. Ma communication soulignera d'abord quelques-unes de ces particularités mises à jour, puis se concentrera sur les biographies des catégories des “maîtres [du chant] des écritures” (jingshi 經師) et des moines “propagateurs de mérites” (xingfu 興福), encore jamais étudiées dans leur ensemble, mettant en relief quelques procédés narratifs qui témoignent d'un usage nuancé, précis et savant du merveilleux, combinant culture chinoise et culture bouddhique. Cette mise en relief rappelle qu'une biographie peut être lue et comprise à plusieurs niveaux.

The Gaoseng zhuan 高僧傳 (Biographies of eminent monks), published in the first half of the 6th century, is the oldest and most extensive historiographical account of Buddhism in China. It records hundreds of stories of foreign and Chinese monks who lived between the 2nd and the 6th centuries, divided into ten categories, telling in a chronological order the significant facts of their religious career, in an iterative manner. Such a style initiated a genre of narratives which gained widespread importance in East Asia. If there is no doubt that a stereotyped image of an idealized monk prevails in these hagiographical accounts, a thorough reading of the whole work reveals underlying peculiarities characteristic of certain categories. My paper will begin with emphasizing some of these peculiarities. Then, I will focus on the categories of the “master of [the recitation of] scriptures” (jingshi 經師) and the “promoters of meritorious deeds” (xingfu 興福), not yet studied as a group, stressing some narrative mechanisms attesting to a nuanced, precise and scholarly usage of the supernatural, which combines Buddhist and Chinese knowledge. This reminds us that a biography is to be read and comprehended at different levels.


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