9-11 Sep 2015 Paris (France)
De nacre et d'ivoire : l'efficacité technique en question dans l'ornement du corps à Fidji; In mother-of-pearl and ivory: technical efficacy of body adornment in Fiji
Stéphanie Leclerc-Caffarel  1, 2@  
1 : Département de la Recherche et de l'Enseignement, Musée du quai Branly  (DRE, MQB)
Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Ministère de la Culture et de la Communication
222 rue de l'Université, 75007 Paris -  France
2 : Fiji Museum

Ce papier interroge l'agentivité d'objets de parure fidjiens traditionnels appelés civa, par homonymie avec les huîtres perlières. Il s'agit de pectoraux dont la forme évoque systématiquement l'huître mais qui n'utilisent pas toujours, ou pas exclusivement, son matériau, la nacre. Objets de prestige et attributs du pouvoir par excellence, les civa n'étaient portés que par les chefs. Exceptions notables parmi les objets de valeur fidjiens, ils étaient conservés au sein des familles régnantes et transmis de génération en génération au lieu d'être échangés.

La prégnance de l'huître perlière suppose des qualités spécifiques (e.g. brillance, iridescente, origine marine). En quoi ces dernières sont-elles symptomatiques d'une technologie fidjienne du pouvoir? Dans quelle mesure ces propriétés et les valeurs qui leur étaient associées ont-elles pu être transférées à d'autres matériaux, y compris l'ivoire, au gré d'exchanges avec les Européens et les Tongiens notamment ?

Ce papier propose de répondre à ces questions en termes d'efficacité. En prenant le parti de la profondeur historique (à travers l'étude des récits de voyages et des collections muséales), il interrogera la spécificité des pectoraux en les comparant à d'autres marqueurs de rang historiques (e.g. coquillages, tapa, plumes), ainsi qu'à des pratiques d'ornementation contemporaines du corps (e.g. onctions rituelles).

 

 

This paper calls attention to the agency of Fijian traditional body ornaments named after pearl shells, civa. Although they do not necessarily include mother-of-pearl, these breastplates are always in the shape of pearl shells. Because they were prestigious artefacts and attributes of power, they were only worn by chiefs. At odds with other valuables from Fiji, they were never exchanged but kept within the ruling families and passed on from one generation to the next.

 

The reference to pearl shell implies specific properties (e.g. shape, brightness, shimmering effect, marine origin). Can we say that these were typical of a technology of power in Fiji? To what extent, were such properties attributed to other materials, such as ivory, following on from interactions with Europeans and Tongan islanders?

 

This paper will answer these questions in terms of efficacy. From a historical perspective, it will use voyage narratives as well as museum collections to question the specificity of breastplates, in comparison with other historical markers of rank (e.g. shells, barkcloths and feathers) and along with contemporary practices of body ornament in Fiji (e.g. ceremonial anointment).

 

 

 

 


 

 



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