9-11 Sep 2015 Paris (France)
A propos de la notion d'aire linguistique (sprachbund) : le cas de l'Asie du Sud-est - About liguistc area (sprachbund): the case of Southeast Asia
Alice Vittrant  1@  
1 : Laboratoire des langues et civilisations à tradition orale  (LACITO)  -  Website
CNRS : UMR7107, Université Paris III - Sorbonne nouvelle, Université Paris IV - Paris Sorbonne
7 rue Guy Moquet 94801 VILLEJUIF CEDEX -  France

Résumé :

Introduit en linguistique dans les années 1930 par N.S. Trubetzkoy, le concept d'aire linguistique – traduction du terme allemand « Sprachbund », répondait au besoin de nommer une situation linguistique rencontrée à l'origine dans les Balkans et en Inde Dans ces régions, étaient parlées des langues génétiquement proches et des langues de familles linguistiques différentes. Or, en dépit de leur origine divergente, ces langues possédaient des similarités structurelles étonnantes. Certaines semblaient avoir acquis par contact ces caractéristiques linguistiques structurales qu'elles n'avaient pas à l'origine.

De récentes études (Matisoff 1991, Enfield, 2005) ont révélé l'existence d'une aire linguistique ou Sprachbund en Asie du Sud-Est continentale, i.e. une zone géographique dans laquelle des langues de familles linguistiques différentes partagent des traits structurels, généralement acquis par contact (Vittrant 2010).

Après avoir rappelé les pré-requis nécessaires à l'émergence d'une aire linguistique (histoire, culture, contacts durables...), nous montrerons la difficulté qu'il y a à définir cette notion, remplacée parfois par celle de zones de contacts linguistiques ou convergence linguistique (contact-induced convergence) cf.(Bisang 2006). Nous noterons toutefois son utilité dans la description de langues non-décrites, de langues en danger, comme le Hmong Bjo (Mo piu) parlé dans le Nord du Vietnam.

 

Abstract

Introduced by N.S. Trubetzkoy in 1930, the concept of « Sprachbund » has been coined to refer to a linguistic situation found originally in the Balkans and in India. In these areas, where are spoken languages belonging to different linguistic families, some non-related languages share structural features. Most of these shared features seem to have been acquired by contact.

Recent studies from (Matisoff 1991), (ENFIELD, 2005)have shown that we can speak of a (Mainland) SouthEast Asian Linguistic Area, i.e. a geographic area within non-related languages share structural linguistic features, generally contact-induced features (Vittrant 2010).

First, I remind the pre-conditions needed for the emergence of an linguistic area (common history, culture, stable contacts...). Then, I show how difficult it is to define the notion of ‘Linguistic area', which has been replaced by the term ‘zones of contact-induced structural convergence' (Bisang 2006). Notice however the usefulness of the notion when describing new languages or endangered languages, such as Hmong Bjo (Mo Piu), spoken in Nord-Vietnam.

 

Références citées :

Bisang, W. 2006. « Contact-Induced Convergence: Typology and Areality ». In Encyclopedia of Language & Linguistics (Second Edition), édité par Keith Brown, 88‑101. Oxford: Elsevier. http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/B0080448542002170.

Enfield, Nick J. 2005. « Areal Linguistics And Mainland Southeast Asia ». Annual Review of Anthropology 34: 181‑206. doi:10.1146/annurev.anthro.34.081804.120406.

Matisoff, James A. 1991. « Areal and universal dimensions of grammatization in Lahu ». In Approaches to Grammaticalization II : Types of grammatical markers., John Benjamins Publishing Company. Vol. II. TSL 19:2. Traugott, Elizabeth Closs and Bernd Heine.

Vittrant, Alice. 2010. « Aire linguistique Asie du Sud-Est continentale: le birman en fait-il partie? ». Moussons. Recherche en sciences humaines sur l'Asie du Sud-Est, no 16: 7‑38.


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