9-11 Sep 2015 Paris (France)
Premiers éléments d'analyse d'une satire morale dans l'entre-deux-guerres japonais — De quelques représentations iconographiques de la modan gâru — / First elements of an analysis of a moral satire in Japan's interwar period — Some iconographic representations of the modan gâru —
Sandra Schaal  1@  
1 : Groupe d'Etudes Orientales, Slaves et Néo-hélleniques  (GEO (EA1340))  -  Website
Université Strasbourg
Université de Strasbourg 22 rue Descartes 67084 Strasbourg cedex -  France

L'ère Taishô (1912-1926) et le début de celle de Shôwa (1926-1989) furent le théâtre de questionnements nouveaux — et occasionnellement novateurs — au sein des élites intellectuelles nipponnes. 

Parmi eux, la « question de la femme » (josei mondai) polarisa l'attention de journalistes, d'essayistes, de pédagogues ou encore d'écrivains, tout particulièrement dans les liens étroits qu'elle entretenait avec le concept de modernité et la construction d'un Etat-nation. En effet, un processus concomitant d'invention d'une « tradition nationale » et de construction d'une nouvelle idéologie genrée étant à l'oeuvre dans le pays, des tensions furent promptes à pointer entre des images idéalisées divergentes, voire opposées, du féminin et de la famille — reflétant les appréhensions à voir les femmes investir toujours plus la sphère publique (bastion masculin par excellence), tout en mettant en exergue nombre d'inquiétudes nourries à l'égard de la modernité et des bouleversements sociaux qu'elle engendrerait nécessairement. 

Dans le contexte de l'avènement d'une industrie médiatique de masse, la modan gâru (de l'anglais modern girl), figure subversive émancipée et occidentalisée, posée en antithèse de « la bonne épouse et de la mère avisée » (ryôsai kenbo), suscita nombre de réactions et de commentaires de la part de ses contemporains qui lui consacrèrent moult écrits. Mais qu'en fût-il de ses représentations iconographiques ?

En analysant des dessins humoristiques et caricatures de la modan gâru produits dans l'entre-deux-guerres japonais, l'objectif de cette présentation consistera à jeter les premières pierres d'une étude d'une forme particulière de satire morale, qu'il conviendra de restituer dans l'ensemble de la culture populaire et du discours normatif de ce temps-là.

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The Taisho era (1912-1926) and the beginning of the Showa era (1926-1989) saw the rise of new — and occasionally innovative — interrogations within the Japanese intellectual elites.

Among them, the "woman question" (josei mondai) polarized the attention of journalists, essayists, educators and writers, and especially served as a keyhole through which to address issues of modernity and the construction of a nation-state. In a concomitant process of invention of a "national tradition" and construction of a new gendered ideology, tensions were quick to surge between divergent — or even contending — idealized images of womanhood and family, reflecting fears to see women increasingly invading the public sphere (a male bastion) as well as anxieties associated with modernity and the social changes it would necessarily cause.

In the context of the emergence of a mass media industry, the modan gâru (modern girl), a subversive, westernized and emancipated figure seen as the antithesis of the "good wife and wise mother" (ryôsai kenbo), provoked many reactions from her contemporaries who produced many writings on her. If some studies have investigated those writings, few scholars have thoroughly examined her iconographic representations.

By analyzing cartoons and caricatures of the modan gâru drawn in Japan's interwar years and by replacing them into the context of the popular culture and normative discourse of that time, the objective of this presentation will be to lay the foundations for a study of a particular form of moral satire.


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