9-11 Sep 2015 Paris (France)
Emiriens et étrangers aux Emirats arabes unis : le cas des ethnoterritoires nationaux, Emiratis and Foreigners in the United Arab Emirates: the case of national ethnoterritory
Jack Keilo  1, 2@  , Clémence Montagne  1, 2@  
1 : Espaces, Nature et Culture  (ENEC)  -  Website
CNRS : UMR8185, Université Paris IV - Paris Sorbonne
Laboratoire ENeC, UMR CNRS-Paris IV 8185, 1 rue Victor Cousin, 75005 Paris -  France
2 : Université Paris 4, Paris-Sorbonne  (UP4)  -  Website
Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Université Paris IV - Paris Sorbonne
1 rue Victor Cousin - 75005 Paris -  France

En quoi les logiques d'acteurs institutionnels et politiques renforcent le mouvement spontané de constitution de morceaux de villes séparant la minorité nationale du reste de la population résidente expatriée à plus de 80 % sur le territoire émirien ?

L'accroissement démographique et économique émirien dépend depuis l'indépendance (1971) entièrement sur l'immigration. Il y a eu en une ségrégation progressive en ville entre les familles émiriennes et les expatriés. Cette ségrégation est davantage socio-économique et les familles de même statut ont tendance à partager les quartiers de résidences. Ainsi, on assiste à une ségrégation ethnique accueillant la minorité nationale flagrante dans certains quartiers de ville. Cette ségrégation n'est ni constitutionnelle ni législative mais « foncière » et est soutenue par une politique publique de répartition du foncier et de construction de logement.

Le paradoxe de la formation de quartiers réservés aux membres de la minorité nationale est renforcé par le mouvement de réinvestissement de l'espace public par des événements censés rappeler aux passants et aux résidents, en grande majorité expatriés, l'identité émirienne. Par exemple le festival de la cuisine émirienne, ou encore celui du Fort militaire de l'île. Ainsi l'identité communautaire émirienne est mise en scène non seulement par la séparation constante dans des quartiers distincts mais aussi par les revendications culturelles, dans l'espace public des villes émiriennes, à une culture, une musique et une histoire partiellement réinventées. 

 

Since independence in 1971, economic and demographic growth of the UAE depends on immigration. But the immigration is accompanied by a progressive urban segregation between Emirati families and the expatriates (who constitute 80% of the whole population of the UAE). This segregation is, before all, based on socio-economic criteria. Thus Emirati nationals, a wealthy minority among the residents of the UAE, live in some delimited quarters of the cities. The segregation is neither constitutional nor legislative, but “landed” and supported by the public policy on land use and housing.

This paradox, quarters reserved for the national minority, is enhanced by re-appropriation of public space by events made to recall Emirati identity to residents, mostly expatriates (for example Emirati Food Festival and other cultural events, based on culture, music and history partially reconstructed). We can see that cultural identity of the Emirati nationals is staged not only by setting distinct quarters but also by cultural claim of Emirati cities' public space.



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