9-11 Sep 2015 Paris (France)
Un art vietnamien : penser d'autres modernités. Le projet de Victor Tardieu pour l'Ecole des Beaux-Arts de l'Indochine à Hanoï en 1924. (A Vietnamese art: thinking about other modernity. Victor Tardieu's project for the Fine Arts School of Indochina in Hanoi in 1924)
Pierre Paliard  1@  
1 : Ecole superieure d'art d'Aix-en-Provence  (ESAA)
Ministère de la Culture et de la Communication
1 rue Tavan 13100 Aix-en-Provence -  France

En inscrivant mon enquête à la croisée de l'histoire de l'art, des recherches post-coloniales et des études de genre, j'ai voulu apporter un regard neuf sur un moment essentiel de l'histoire de l'art vietnamien et de l'invention des autres modernités extra-européennes. Je suis parti pour cela de trois documents trouvés dans les Archives d'Outre-Mer d'Aix-en-Provence, non publiés jusqu' à ce jour, qui éclairent de manière exemplaire le moment où, en 1924, prend naissance le projet d'une Ecole des Beaux-Arts de l'Indochine à Hanoi et les débats qu'il suscite. Celle-ci sera considérée dans toute l'historiographie du XXème siècle comme une des sources majeures de l'art vietnamien, le lieu où se sont formés les premiers artistes de la « modernité nationale ». Les archives du Fonds Tardieu récemment ouvertes aux chercheurs m'ont permis de compléter mon information. J'ai pu ainsi analyser les arguments échangés dans la polémique opposant V. Tardieu à Auguste Silice, le premier prétendant former de véritables artistes quand le deuxième pensait la chose totalement impossible dans le contexte d'une culture asiatique. L'ambition d'atteindre à un « art national » faisant la « synthèse » des apports occidentaux et extrême-orientaux fut souvent mise en avant par les meilleurs esprits de ce temps tant français que vietnamiens ; cela m'a conduit à m'interroger sur la pertinence des concepts de « synthèse » et de « métissage » et leur usage dans le cadre colonial. Au-delà de cette interrogation, j'ai amorcé des pistes de réflexion sur l'interprétation des modernités artistiques extra-européennes qu'il convient d'apprécier à partir de critères nouveaux comme tentent de le faire aujourd'hui historiens de l'art et critiques.

By entering my investigation at the crossroads of the history of art, postcolonial researchs and gender studies, I wanted to bring a fresh look at a crucial moment in the history of Vietnamese art and the invention of an other non-European kind of modernity. My research began with three documents found in the Archives d'Outre-Mer collections in Aix-en-Provence, unpublished up to date, which illuminate remarkably the moment when, in 1924, start the project of a School of Fine Arts of Indochina in Hanoi and the discussions it provokes. The school will be seen throughout the historiography of the twentieth century as a major source of Vietnamese art, the place where the first artists of a "national modernity" were formed. The Fonds Tardieu archives, recently opened to researchers, helped me to complete my information. So I could analyze the arguments exchanged in the controversy between V. Tardieu and Auguste Silice, the first one claiming to form true artists when the second thought it was totally impossible in the context of Asian culture. The ambition to achieve a "national art" by the "synthesis" of Western and Far Eastern inputs was often highlighted by the best minds of that time both French and Vietnamese; this led me to wonder about the relevance of the concepts of "synthesis" and "miscegenation" and their use in the colonial context. Beyond this issue, I tried to approach the interpretation of non-European artistic modernity which must be assessed by using new criteria as art historians and critics attempt to do it nowadays.



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